Article de Médiapart, contre lequel le maire n'avait pas porté plainte. POURQUOI ?

Publié le par laforcevigneusienne

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Corruption en Essonne: enquête de la PJ
sur le maire de Vigneux
PAR KARL LASKE
ARTICLE PUBLIÉ LE VENDREDI 12 FÉVRIER 2016
La police judiciaire de Versailles a clos mardi une
série d’auditions dans l’entourage de Serge Poinsot,
maire de Vigneux-sur-Seine, dans le cadre d’une
enquête préliminaire ouverte par le parquet d’Évry
pour « favoritisme » et « corruption » présumés. L’élu
placé en garde à vue courant janvier a reçu un 4×4
BMW d’une entreprise de travaux publics.
À Vigneux-sur-Seine, l’affaire du 4×4 du maire de
la ville, Serge Poinsot, était devenue un secret de
Polichinelle. Non pas parce que tout le monde avait
vu le maire au volant de cette BMW Série 5, mais
parce qu’à force d’en parler, sur les marchés, dans
les tracts, on finissait par l’avoir intégrée dans le
paysage politique, comme l’élément d’un folklore
local. Quelqu’un avait offert ce véhicule à Serge
Poinsot – Mediapart l’avait révélé dès 2013. Et
l'enquête se faisait attendre. L’élu a finalement été
placé en garde à vue courant janvier par le SRPJ de
Versailles.
Ce service de police a clos mardi une série d’auditions
dans l’entourage de Serge Poinsot dans le cadre
d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet
d’Évry. Le procureur de la République d’Évry Éric
Lallement a confirmé à Mediapart la fin de l’enquête.
Il s’apprête à prendre des réquisitions dans ce dossier
« complexe », pour des faits de « favoritisme » et
« corruption » présumés. Le parquet pourrait décider
de renvoyer l’élu devant le tribunal correctionnel – à
moins qu’il ne choisisse, scénario plus improbable,
d’ouvrir une information judiciaire. Une entreprise de
travaux publics et de voirie est également mise en
cause, VIA-TP, dont l’un des dirigeants a été lui aussi
placé en garde à vue en janvier.
Les pratiques de cet élu local – successivement
UMP, UDI, aujourd’hui divers droite – ont déjà été
chroniquées par Mediapart : le 15 janvier, nous avons
dévoilé des extraits de l’enregistrement de pourparlers
entre Serge Poinsot et deux responsables d’une société
de nettoiement – à relire et réécouter ici.
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eyJtZWRpYSI6eyJpZCI6IjU2YmQyNTA3YTVjOTU5MzExZjhiNDU2ZiIsInBhdGgiOiJmaWxlc1wvMjAxNlwvMDJcLzEyXC92b2V1eC12aWduZXV4LmpwZyIsInBhdGhL’affaire du 4×4 a été expliquée au procureur par
un ancien directeur des finances de la ville, Gérard
L. À la suite d’un déjeuner pris dans une ville
voisine, le maire avait emmené son directeur des
finances, une collaboratrice, et l’un de ses amis,
Raymond, non loin du pont de Draveil à Juvisy chez
un concessionnaire BMW Indigo. Dans la voiture,
Raymond lui « montre un chèque de la banque
de crédit franco-portugais d’un montant de 39 120
euros ». Le fonctionnaire comprend vite qu’il s’agit
d’aller récupérer un véhicule. Le maire est accueilli par
un commercial dans le magasin, mais c’est Raymond
qui s’occupe des papiers. « Une fois les formalités
terminées, M. Raymond nous demanda de regagner
le sous-sol où nous attendaient le commercial et le
chef d’atelier pour la présentation et la livraison
de la BMW 4×4 série 5 sur la rue attenante »,
poursuit le cadre communal. Le 4×4 aux vitres teintées
est immatriculé 354 EYD 91, précise encore le
fonctionnaire.
« À partir de là, M. Serge Poinsot prit possession de
la voiture et la conduisit jusqu’à son ancien pavillon
à Yerres. » Raymond confie au directeur des finances
de la ville « qu’il n’a servi que de prête-nom », et que
la voiture était destinée à Serge Poinsot, mais « sans
lui révéler le nom du donateur ». La carte grise a été
établie au nom de Raymond, et le véhicule a aussi
été assuré au nom de l’ami du maire. Cela jusqu’en
juillet 2009, date à laquelle Raymond a « finalement
cédé gratuitement le véhicule » au maire. Au mois de
septembre 2009, Gérard L. cherche à savoir ce qu’est
devenu le 4×4 BMW, et il apprend que Serge Poinsot
l’a fait immatriculer à son nom dans son département
d’origine – la Haute-Saône. « À 60 ans j’ai bien le droit
de m’acheter une voiture d’occasion », se défendait
Serge Poinsot, répondant à Mediapart, en 2013. C’était
« une affaire privée » entre Raymond et lui. « Je fais
ce que je veux, c’est un ami », lance-t-il.
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[[lire_aussi]]
Entendu en janvier sous le régime de la garde à vue,
ce proche du maire a reconnu avoir « pris la BMW
par amitié », l’avoir « mise à [son] nom » ainsi
que l’assurance, pour rendre « service ». Il a indiqué
ignorer l’origine du paiement, et avoir « servi de
pigeon » dans cette affaire. Ancien militant de base au
RPR dans la ville voisine de Yerres, dans les années
1980 et 90, Raymond avait fait les campagnes de
Nicolas Dupont-Aignan aux côtés de Serge Poinsot
avant que ce dernier ne se présente aux municipales
à Vigneux. Des perquisitions ont été conduites chez
l’ancien militant ainsi que chez le maire. Plusieurs
collaborateurs du maire ont aussi été auditionnés, et
notamment son directeur de cabinet, Franck Leducq.
Dans sa lettre au procureur, le directeur des finances
de la ville en avait dit plus sur le donateur présumé
du 4×4 au maire de Vigneux, pointant du doigt une
société attributaire des marchés publics de la ville.
Il évoquait « des gros marchés, ou de plus petits
jusqu’aux marchés de régie annuelle de travaux de
voirie attribués depuis des lustres à la même société ;
celle-ci se montre particulièrement généreuse ». « Je
ne suis pas un spécialiste en travaux publics, mais on
soupçonne cette société de surfacturation quant aux
volumes des enrobés goudrons avec des écarts entre
la facturation et ce qui est étalé réellement sur le
terrain, expliquait le cadre communal. Sur les milliers
de mètres cubes ou tonnes d’enrobés refaits chaque
année, cela peut représenter des sommes importantes
au détriment des finances communales. »
Le SRPJ de Versailles a identifié l’entreprise, elle
s’appelle VIA-TP, et domine depuis longtemps le
secteur des marchés publics de la voirie sur Vigneux.
Cette société aurait chargé l’un de ses prestataires
du règlement du 4×4. Questionné par Mediapart, son
gérant, David Vigeannel, a refusé de s’exprimer :
« Puisque vous êtes au courant, je n’ai rien à dire,
vous n’aurez aucun renseignement de ma part », a-til
déclaré.
En 2012, la chambre régionale des comptes (CRC)
avait déjà épinglé cette société, soulignant qu’elle
avait bénéficié de 85 % des travaux de voirie sur
six ans, avec un pic à 98 % en 2007. La CRC
relevait à Vigneux « de graves déficiences, tant en
matière de passation que d’exécution des marchés
», et un « ensemble d’irrégularités et de pratiques
critiquables ». En 2013, Mediapart avait en outre
publié une facture de VIA-TP contresignée par le
maire, faisant apparaître des quantités de bitume hors
norme facturées à la mairie – 50 tonnes pour 135 m2
par exemple, soit cinq fois la quantité requise.
Contacté par Mediapart, le directeur du cabinet du
maire nous a indiqué que, sur le conseil de son avocat,
il ne souhaitait pas commenter nos informations.
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Publié dans Divers

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stouvenel 09/04/2016 11:26

---------- Message transféré ----------
De : Karl Laske
Date : 29 mars 2016 à 16:42
Objet : Mediapart
À : stouv58@gmail.com


Cher monsieur, on m’a transmis votre mail.

Je peux vous confirmer que Mediapart n’a jamais été condamné pour diffamation dans une procédure qui aurait été engagée par la mairie de Vigneux.

Sur les différents articles que nous avons publié au sujet de Vigneux, à ce jour un seul a fait l’objet d’une plainte du maire, celui concernant les gens du voyage: "Un maire UMP interdit l’immobilier aux gens du voyage", publié le 8 octobre 2013.

Or le tribunal correctionnel de Paris jugeant que notre article s’appuyait sur « une base factuelle suffisante » a débouté le maire par un jugement du 2 avril 2015. Il a cependant fait appel.

Ceci étant dit, on peut comprendre qu’il s’oppose à la publication d’informations sur son 4x4 dans le journal municipal…

Bien à vous
Karl Laske