MENSONGES ou MENOTTES ? D'après Médiapart .... M. le maire nous a juste dit : Ragots... mais n'a pas porté plainte là non plus.

Publié le par laforcevigneusienne

VIGNEUX - Révélations sur MEDIAPART

· Un enregistrement révèle les dessous de marchés truqués en Essonne 15 JANVIER 2016 | PAR KARL LASKE En novembre 2015, le maire de Vigneux-sur-Seine, Serge Poinsot, recevait deux représentants d’une petite entreprise de propreté urbaine de Corbeil. Objectif : leur faire retirer un recours engagé contre le groupe Nicollin, attributaire des marchés sur sa ville depuis vingt ans. Partage FAVORI RECOMMANDER IMPRIMER ARTICLE EN PDF Cet article vous est offert. VEN. 29 JANV. 2016 29/1/2016 DERNIÈRE ÉDITION RSS TWITTER FACEBOOK NEWSLETTERS FRENCH LEAKS FRANCE ENQUÊTE Partager 0 Tweet 0 $Offrir l'article « Je suis capable de leur mettre une tarte dans la gueule et ça, ils le savent. » Les arguments du maire (divers droite) de Vigneux-sur-Seine, Serge Poinsot, face à ses collègues élus sont souvent frappants. « Je les emmerde, raconte-t-il. Je ne suis pas comme Dassault. Je m’appelle pas Rothschild, je m’appelle Poinsot. Je suis un petit maître nageur qui est devenu maire d’une ville de plus de 30 000 habitants et ça, ça les fait chier, tous. » Mis en cause depuis plusieurs années par des fonctionnaires de sa ville, l’élu local s’est lâché devant deux chefs d’entreprise, en novembre dernier. Serge Poinsot a dévoilé sans méfiance l’étendue de son intervention sur les marchés de sa ville et de l’agglomération, son engagement en faveur du groupe Nicollin, attributaire des marchés sur sa ville depuis vingt ans, et ses « magouilles » (sic) personnelles sur ses « associations sportives ». L’objet de sa démonstration, enregistrée à son insu : obtenir des deux petits patrons de LG Environnement qu’ils retirent leur recours contre l’attribution à Nicollin du marché de collecte des ordures ménagères de l’agglomération Sénart Val de Seine – regroupant les villes de Vigneux-sur-Seine, Draveil et Montgeron. Sa méthode : proposer un autre marché, faire miroiter un rendez-vous, voire « une entente », avec le géant des déchets. Et accuser le président du conseil général, François Durovray, élu de Montgeron, et Georges Tron, maire de Draveil, de « magouiller à fond la caisse ». MENU DU JOURNAL LE JOURNAL MONDE FRANCE ÉCONOMIE CULTURE DOSSIERS ENGLISH ESPAÑOL LE CLUBPARTICIPEZhttps://www.mediapart.fr/journal/france/150116/un-enregistre…_medium=email&utm_campaign=article_offert&xtor=EPR-1013 29/01/2016 00:38 Page 1 sur 7 Serge Poinsot, François Durovray, et Nathalie Kosciusko-Morizet, députée de l'Essonne, en 2012 © DR LIRE AUSSI Essonne : les promoteurs font main basse sur Vigneux PAR KARL LASKE Essonne : les élus s’inclinent devant la loi du bitume PAR KARL LASKE Corruption en Essonne: un maire UMP et le groupe Icade soupçonnés PAR KARL LASKE Corruption: l’enquête qui fait trembler l’Essonne PAR KARL LASKE Pour le conseil général de l’Essonne, passé à droite en 2015, l’affaire Nicollin est un véritable guêpier. D’abord parce que Nicole Poinsot, l’épouse du maire de Vigneux, a fait son entrée en mars 2015 au conseil départemental, et qu’elle a été élue sous l’étiquette Les Républicains, en ticket avec le président (LR) de l’agglomération Sénart Val de Seine, François Durovray, devenu président de l’instance départementale. Ensuite parce que Georges Tron, le maire de Draveil, écarté en 2014 de la gestion de l’agglomération puis candidat malheureux à la présidence du département après son renvoi aux assises pour viols – en dépit du non-lieu prononcé par les juges d’instruction – s’est dit « totalement contre » le marché des ordures ménagères en question. Enfin, parce que l’entreprise de Corbeil LG Environnement, signataire du recours contre Nicollin, a le soutien d’un autre élu départemental, Jean-Pierre Bechter – qui a démissionné du conseil départemental en septembre en faveur du sénateur Serge Dassault. C’est d’ailleurs un article de Charlie Hebdo sur l’arrivée de « cette petite boîte » de Corbeil, dans le nord du département, qui déclenche les hostilités en octobre. Cette « minuscule » entreprise a « coiffé au poteau » le groupe de Loulou Nicollin, le célèbre président du Montpellier Hérault sport club, rapporte l’hebdomadaire. Elle a arraché le marché des encombrants de l’agglomération Sénart Val de Seine, en juillet. Et surtout, elle a osé se porter candidate au marché plus substantiel de collecte des ordures ménagères – un marché déclaré infructueux en juillet, relancé en octobre, face à Nicollin. Créée quatre ans plus tôt, la « petite boîte » partie de rien, que Charlie n’a pas citée nommément, a eu des facilités pour obtenir les marchés de Corbeil et son agglomération. Elle ne cache pas qu’elle fait du « low cost » en embauchant des jeunes des quartiers que lui envoient des missions locales, mais elle s’indigne d’être présentée comme une « boîte liée à la grande délinquance », comme l’a écrit Charlie. « Quand on a reçu leur offre pour les encombrants, on a vérifié leur dossier, confie François Durovray. Ils avaient des marchés auprès de deux agglomérations, Seine Essonne et Portes de l’Essonne. Les deux agglos nous ont dit “ça se passe bien”. Ils avaient la valeur technique et répondaient moins cher. » À ce stade, certains élus se manifestent déjà. « Le maire de Vigneux, dans les contacts que j’ai pu avoir, n’était pas du tout favorable à LG Environnement, poursuit M. Durovray. Même sur les encombrants, il disqualifiait leur candidature. » De son côté, Jean-Pierre Bechter contacte le président de l’agglomération pour soutenir l’entreprise de Corbeil, en lui laissant entendre que « des gens ne voulant pas les prendre » étaient à la manœuvre. En octobre, les gérants de LG Environnement voient finalement le gros marché des ordures ménagères leur échapper, s’arrachent les cheveux en lisant Charlie, et ripostent en déposant un recours contre Nicollin. En effet, leur proposition est presquehttps://www.mediapart.fr/journal/france/150116/un-enregistre…_medium=email&utm_campaign=article_offert&xtor=EPR-1013 29/01/2016 00:38 Page 2 sur 7 équivalente techniquement, mais 2 millions d’euros moins chère. C’est alors qu’apparaissent le maire du Vigneux-sur-Seine, Serge Poinsot, et son directeur de cabinet Franck Leducq, jouant les intermédiaires de Nicollin. L’enregistrement obtenu par Mediapart fait cinquante-six minutes – nous avons choisi de retenir cinq extraits d'un total de 7 minutes. Et il est fait allusion à des rendez-vous préalables entre les chefs d’entreprise, le maire et son directeur de cabinet, et à d’autres promesses difficiles à clarifier sur la base de l’enregistrement. « Le président de l’agglo, il a joué double jeu. Un jeu avec moi, un jeu avec vous, un jeu avec Nicollin. Double, triple jeu, expliquet-il aux représentants de LG. Lui, à un moment donné, ses grandes sorties c’est “Nicollin, il n’a pas le cul propre“. Pourquoi tu me dis “il a pas le cul propre“, ça veut dire que moi je touche ? Non, je touche pas ! » Serge Poinsot évoque aussi l’enquête de Mediapart sur sa ville. « Ça les fait chier parce qu'ils n'arrivent pas à trouver mes comptes bancaires (...) J’en ai rien à foutre, j’ai rien à cacher moi. Par contre, j’en connais d’autres, c’est pas la même chose. » Il fait remarquer que c’est « le troisième mandat » qu’il « fait » avec Nicollin. Le directeur de cabinet du maire suggère de commencer « à discuter ». « Moi je touche pas ! » © Mediapart « Nous, on magouille sur nos associations sportives, j’appelle pas ça des magouilles » Le maire est mécontent que le marché ait échappé à son entreprise favorite en juillet. L’appel d’offres ayant été déclaré infructueux pour « absence de pluralité ». « Seules deux offres avaient été déposées, justifie l’agglomération. Habituellement, nous en avons quatre ou cinq. Et elles étaient inacceptables. » Nicollin, qui s’était associé à son concurrent Otus Veolia – ce dernier en position de sous-traitant couvrant la zone de Draveil –, faisait face à un seul confrère, le groupe Pizzorno environnement, basé dans le Var, dont l’offre était élevée financièrement. « J’avais souhaité que Nicollin et Veolia se fassent concurrence, commente François Durovray à Mediapart. Mais ils ont répondu à nouveau ensemble. Les deux plus grosses sociétés se sont mises d’accord pour répondre… » Le groupement était une manière de « mutualiser les infrastructures de chacun », a indiqué Veolia. Lors de leur entretien avec Serge Poinsot, les représentants de LG Environnement révèlent que, dès le mois d’août, l’agglomération les a incités à se porter candidats contre Nicollin dans le nouvel appel d’offres pour les ordures ménagères. « Nous, on a des infos, vous, vous avez des infos, mais on n’a pas les mêmes », commente le maire de Vigneux qui devine un complot. Serge Poinsot et son collaborateur soupçonnent Veolia, pourtant sous-traitant, d’avoir intrigué et « tiré les ficelles » pour faire tomber Nicollin. « Ça aurait été plus simple, mais je pense pas que ce soit trop tard effectivement de voir avec Nicollin, intervient le directeur de cabinet. Ça évitait les mauvaises publicités. Ça évitait finalement que la personne qui tirait les ficelles, notamment les Veolia, il est juste derrière, et il s’amuse… » « C’est eux les pourris, dit le maire. Pour pas dire autre chose. Je comprends mieux. » Un « deal » est à trouver avec Nicollin. « C’est con d’arriver sur un élément de recours », juge le collaborateur du maire. « C'est eux les pourris » © Mediapart 00:00 01:16 00:00 01:02https://www.mediapart.fr/journal/france/150116/un-enregistre…_medium=email&utm_campaign=article_offert&xtor=EPR-1013 29/01/2016 00:38 Page 3 sur 7 Louis Nicollin, présenté par le bulletin municipal, lors d'une visite à Vigneux en 2014. © DRhttps://www.mediapart.fr/journal/france/150116/un-enregistre…_medium=email&utm_campaign=article_offert&xtor=EPR-1013 29/01/2016 00:38 Page 4 sur 7 Serge Poinsot met en cause la présidente de la commission d’appel d’offres qui « ne voulait pas de Nicollin ». « Elle est dans le truc à Dupont-Aignan [Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et député maire de Yerres, ndlr], et comme par hasard, elle est adjointe à Montgeron, se plaint le maire. Et moi je connais leurs magouilles à eux, sur Yerres et Montgeron. Ils cassent tous les marchés… » Lors de l’entretien, le téléphone sonne : les services administratifs communiquent au maire le détail d'un marché de nettoiement des rues, qui pourrait être une compensation pour LG Environnement si elle renonçait à son recours. « C’est 30 000 à 40 000 euros, le marché, reprend le maire. Il n’y a pas de mini, ni de maxi. Donc ça permet de se remettre… Ça, faut voir avec Nicollin. Bon, je vais téléphoner moi à Ferret [le responsable local de Nicollin, ndlr] et puis à… » « Faut les rencontrer », avance le directeur de cabinet. « On s'est fait niquer » © Mediapart Le maire de Vigneux explique que Nicollin a « demandé » des garanties sur les marchés lorsqu’il a investi dans une plate-forme de déchargement, inaugurée en 2014, dans sa ville. Serge Poinsot s’en prend à François Durovray et Georges Tron. Le maire de Draveil est aussi l'un de ses adversaires, et il s’est tenu à l’écart des marchés depuis qu’il a perdu le contrôle de l’agglomération. Il s’oppose en revanche au nouveau président sur le sujet. « Je suis en conflit total avec François Durovray au sujet du marché des ordures ménagères, explique-t-il à Mediapart. Il y a une diminution du service, et des obligations d’achat de matériel… Il y a eu la volte-face d’une entreprise, proche de Bechter, mais ça s’est fait sans moi. » « Eux [François Durovray et Georges Tron, ndlr], ça magouille à fond la caisse, explique Serge Poinsot aux deux chefs d'entreprise. Nous, on ne magouille pas, on magouille sur nos associations sportives, j’appelle pas ça des magouilles. On leur réclame combien ? demande-t-il à son directeur de cabinet. On arrive à récupérer par an à peu près combien, 60 000 euros ? » « Bof… 50 », répond le directeur. « Entre 50 qu’il nous donne et Via-TP qui a acheté une machine pour refaire les routes, on se fait niquer maintenant », poursuit le maire. « On peut monter le rendez-vous, là », suggère le dir’ cab’. « Ce que tu fais, tu contactes Ferret, reprend Serge Poinsot. C’est nous qui organisons le rendez-vous, c’est pas lui qui reprend contact. » « Pour conclure la fin du film, on s’est fait tous baiser. Et on a essayé de nous baiser », conclut le maire. « On magouille sur nos associations » © Mediapart Un deal s’esquisse. « Demain, j’appelle Nicollin, conclut Serge Poinsot. J’appelle Ferret. Je vois avec le président Nicollin. » « Et puis Nicollin reprend tranquille et nous on reprend tranquille », approuve le représentant de LG Environnement. « C’est spécial, fait-il remarquer, ça tire de trois côtés, en fait. Les trois villes de l’agglo tirent chacun de son côté. L’autre nous reçoit et nous dit “répondez” [à l’appel d’offres, ndlr]. Vous derrière Nicollin, et les autres derrière Veolia. » « Mais avant ? l’interrompt le maire. Montgeron était sous Nicollin. Et François, je sais son truc, il fait comme à Yerres. Il veut évacuer tout le monde. Je ne sais pas ce qu’il essayait de négocier. J’en sais rien. Enfin il y a eu du pognon, ça, c’est sûr. Ou il y en aura. » « Je vois avec le président Nicollin » © Mediapart LG Environnement a finalement retiré son recours déposé au tribunal administratif de Versailles, un « référé pré-contractuel » qui suspendait la signature du marché entre l’agglomération et le groupe Nicollin. Pour autant, aucun accord n’a finalement été trouvé. Selon les informations communiquées par l’agglomération, quatre entreprises étaient en lice le 15 octobre : outre Nicollin, LG Environnement et Pizzorno, la Semardel, société d’économie mixte, jadis présidée par le maire d’Évry Francis Chouat, avait candidaté également. Nicollin a été déclaré attributaire pour un montant total de 17 247 509 euros – contre 15 701 637 euros pour LG Environnement. Il s’agit d’un montant maximal facturable, détaille le directeur commercial de Nicollin, Pierre Cuillé, qui précise à Mediapart que « l’acte d’engagement est de 13,3 millions d’euros ». 00:00 02:14 00:00 01:35 00:00 02:09https://www.mediapart.fr/journal/france/150116/un-enregistre…_medium=email&utm_campaign=article_offert&xtor=EPR-1013 29/01/2016 00:38 Page 5 sur 7 MOTS-CLÉS CORBEIL ▪ ESSONNE ▪ FRANÇOIS DUROVRAY ▪ GEORGES TRON ▪ MARCHÉS TRUQUÉS ▪ SERGE POINSOT ▪ VIGNEUX-SUR-SEINE « Effectivement, on a crié au loup, parce que le personnel n’a pas été repris par LG, commente-t-il à Mediapart. Les règles du transfert du personnel ont été bafouées. Je me suis débrouillé pour recaser les gens, sans faire un seul licenciement. » Une affirmation contredite par le gérant de l'entreprise de Corbeil, dans un courriel à Mediapart : « Toute la procédure a été respectée, note-t-il. Nicollin nous a transmis une liste de personnes à reprendre, et nous avons envoyé un recommandé à chacun des employés concernés, en leur proposant un transfert, dans des conditions contractuelles inchangées » (Actualisation, lundi 18 janvier, 12 h). Pierre Cuillé, le cadre de Nicollin, dit qu'il n'a pas été informé des négociations du maire de Vigneux, ni des promesses sur un dédommagement de LG Environnement, via le marché de nettoiement de Vigneux. « Moi, le marché je me suis battu pour le garder et je l’ai gardé », poursuit Pierre Cuillé. En outre, d'après le directeur de Nicollin, « il n’y a pas de partenariat sportif à Vigneux ». Le maire de Vigneux et son directeur de cabinet voulaient sûrement se faire mousser… Sans contester l'existence du rendez-vous avec l'entreprise LG Environnement, Serge Poinsot a fait savoir par un mail à Mediapart qu'en tant que maire et vice-président de l'agglomération, il ne pouvait « en aucun cas ni en aucune circonstance intervenir dans un quelconque contentieux entre deux entités privées ». « Aucun marché ou engagement n’a été proposé à une entreprise quelle qu’elle soit » certifie le maire et « aucune intervention en faveur d’une entreprise lors d’une procédure de mise en concurrence » n'a été réalisée...

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